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Dis-moi dix mots |02 April 2026

Composer un texte sur le thème ‘le monde à venir’

 Les organismes francophones de politique linguistique (OPALE) nous invitent à se saisir du dispositif « Dis-moi dix mots » pour explorer en 2026 le monde à venir, celui qui inquiète et celui qu’on espère.

A nous de composer un texte sur ce thème en employant les dix mots : alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde, particule, programmer, sidéral, théorie, transmuter.

 

Soyons dans la lune

Explorer l’avenir demande d’abord une bonne interprétation des mutations rapides de notre époque caractérisées par la révolution numérique, la mondialisation, les bouleversements environnementaux et les modifications profondes des relations sociales.

Internet et le numérique ont transformé profondément la communication et le fonctionnement de l’économie. La production des biens est complétement mondialisée et fragmentée. L’objet que nous convoitons a été fabriqué dans un pays qui a dû importer plusieurs composants pour le réaliser avant de le mettre en vente en ligne. Le changement climatique, la perte de biodiversité, la pollution constituent les effets les plus visibles du chambardement environnemental. L’évolution des relations sociales nous éloigne des structures traditionnelles (famille, voisinage). Les réseaux sociaux permettent de maintenir des liens malgré l’éloignement physique, facilite les liens choisis à la place des liens imposés par les cadres de travail et de vie. C’est ainsi que les individus ont tendance à se replier sur eux-mêmes tels des particules, des atomes, conduisant à l’individualisme et à l’affaiblissement de la solidarité collective.

Les mutations décrites évoluent souvent de manière discontinue, avec des ruptures, engendrant des violences symboliques. Ce n’est pas une progression lente, graduelle, un passage d’un état à un autre au fil du temps, c’est un avancement éloigné d’un continuum rassurant.

A partir de cet état des lieux, des problèmes identifiés, l’individu dans l’action souhaite imaginer l’avenir, prévoir ce qui va arriver. Cette anticipation nous encourage également à agir préventivement.

L’imaginaire permet de décrire des situations et des évènements dans un futur plus ou moins éloigné dans un univers fictif en extrapolant les réalités contemporaines. Illustré dans des oeuvres littéraires, cinématographiques ou ludiques (jeux vidéo), la science-fiction prend appui sur la science et la technologie pour questionner l’avenir humain.

Une première option consiste à représenter une société fictive sombre et dangereuse. Ce monde dystopique baigne dans une ambiance de catastrophe environnementale, de misère, d’injustice, d’asservissement aux technologies, de contrôle totalitaire. L’être humain est parfois transmuté pour dépasser sa condition (intelligence, longévité) par la technologie. Les situations présentées, tellement effroyables et paraissant inéluctables, peuvent entraîner les spectateurs de certains films de science-fiction, comme « Soleil vert », sorti en 1973, sur le thème environnemental, vers l’effondrement et conduire à l’inaction. Parfois, comme dans « Interstellar », sorti en 2014, le personnage principal s’engage dans un voyage spatial et découvre une planète habitable pour le genre humain, la nôtre étant devenue invivable. Comme dans beaucoup de récits écologiques funestes, l’homo sapiens finit par toujours par s’en sortir. Ce genre d’épilogue constitue aussi un frein à l’action.

Une seconde option permet d’échapper au scénario catastrophe, l’apocalypse ne permettant plus d’envisager l’action, consiste à développer un imaginaire plus positif, adapté à la notion d’action. Cette théorie trouve son application dans certains récits futuristes de science-fiction.

La robotique humanoïde est déjà une réalité dans l’univers économique. Son usage dans le domaine social navigue entre réalité et utopie. Les robots humanoïdes ou non, adjoints des handicapés pour la réalisation de tâches ménagères possèdent le statut d’objet. Des programmes de recherche visent à vérifier si des robots peuvent aussi jouer le rôle de véritable compagnon pour l’homme. L’utopie nous autorise à envisager que la communication homme machine se développe dans les interactions personnelles (affectives, par exemple), institutionnelles (éducation, santé…) et également sociales (aide aux réactions adaptées aux contextes).

Le récit littéraire de science-fiction se prête bien à la mise en oeuvre de l’utopie écologique. Le cinéma avec « Avatar », sorti en 2009, met également en scène des utopies positives. Le héros, homo sapiens américain, a l’opportunité d’observer le mode de fonctionnement d’une société fictive (Pandora) qui vit en harmonie avec l’environnement, entretenant des rapports faits de respect et d’égalité. Il en tombe amoureux et dénonce les travers de son peuple d’origine. Le spectateur est ainsi sollicité pour réagir.

Comme Elitza Gueorguieva dans « La grotte pourpre » imaginons un monde meilleur même si nous donnons l’impression d’être dans/sur la lune, loin des réalités. Alunir pour mieux créer le futur qu’on espère.

 

Claude Colin

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